Compte-rendu de la conférence-débat sur la création et la reprise d’entreprises du 27/10/09

Débat création repriseLes Jeunes Démocrates de Gironde ainsi que les autres fédérations d’Aquitaine ont décidé d’apporter au projet régional du MoDem leurs contributions sur des sujets qui touchent directement la jeunesse d’Aquitaine.

C’est dans ce cadre que s’est déroulée, mardi dernier, la conférence-débat sur la création et la reprise d’entreprises, première thématique de notre projet.

Nous vous invitons à découvrir le compte-rendu ci-après

Cette réunion s’est déroulée, à Bacalan (Bordeaux), en présence de :

M. Henry DEVOISIN, Chef de service du Centre de Formalité des Entreprises et du Répertoire des métiers à la Chambre de métiers et de l’artisanat de la Gironde,

M. Pierre POUGET, directeur général de la Safer* Aquitaine Atlantique (*Société d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural), directeur général de la Chambre Régionale d’Agriculture d’Aquitaine de 1991 à 2006.

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L’Aquitaine est la 5ème région en France en matière de création d’entreprises, avec environ 17 300 créations en 2008 (créateurs et repreneurs confondus), dont un peu moins de la moitié en Gironde (8400).

La création d’entreprises est créatrice d’emplois. Grosso modo, 1 entreprise créée en 2002, encore active aujourd’hui, emploie 3 personnes (soit 2 salariés) aujourd’hui.

En 2008, les créations d’entreprises artisanales en Gironde représentent les 2/3 des créations (près de 5600).

Le problème de la transmission d’entreprises quant à lui concerne l’ensemble des acteurs économiques quel que soit leur secteur d’activités. A court et moyen terme, plus de 35 000 entrepreneurs de plus de 55 ans vont être concernés par la question en Aquitaine.

Le tiers des chefs d’entreprises de plus de 55 ans en Aquitaine sont des exploitants agricoles, 21% des artisans et 49% dans les services.

Le statut de l’auto-entrepeneur a « boosté » les créations d’entreprises artisanales. Mais quel sera leur « taux de survie » ?

Le statut de l’auto-entrepreneur, créé en ce début d’année (date d’application 1er janvier 2009) change la donne dans la création d’entreprises artisanales. Et change les chiffres. En effet, ces créations ne sont inscrites ni au registre des métiers, ni au registre du commerce et de l’industrie.

Depuis janvier 2009 et au 30 septembre 2009, ce sont 2160 auto-entrepeneurs artisans qui ont créé leur entreprise en Gironde. Et on dénombre, pour la même période, 1803 créations d’entreprises inscrites au registre des métiers. Or en 2008, à la même période, on était à 2400 créations inscrites au registre des métiers. Donc effectivement, le tout nouveau statut de l’auto-entrepeneur a boosté les créations d’entreprises dans l’artisanat en Gironde.

Néanmoins, l’auto-entrepeneur ne bénéficie par de l’accompagnement des chambres consulaires, ni des réseaux classiques (comptables, juristes ou avocats, etc.). Le taux de survie des entreprises artisanales 5 ans après leur création est de 50% en moyenne. Ce taux est de 70% pour les créations qui ont été accompagnées (diagnostic avant, conseil pendant et après la création).

Les métiers de l’alimentation et du bâtiment résistent à la crise

Les métiers de bouche et de l’alimentation ne perdent plus d’entreprises et semblent se maintenir aujourd’hui dans ses effectifs. De même, les chiffres ne montrent pas une réelle difficulté des entreprises du bâtiment. La crise a cependant touché les entreprises jeunes, créées il y a 2 ou 3 ans. 70% des défaillances dans le secteur du bâtiment en 2008 s’expliquent par des difficultés économiques.

Les installations agricoles très encadrées et très accompagnées, avec un « taux de survie » de plus de 90%, 5 ans après l’installation

Le secteur agricole a mis en place dès le début des années 90 une politique d’accompagnement des installations, la Région apportant une bonification supplémentaire sur les aides nationales et européennes.

Ce secteur connaît un taux record de survie 5 ans après l’installation supérieur à 90%. Ce taux s’explique par une filière très structurée et un accompagnement très développé. Tout d’abord, un niveau de formation est requis, le bac, mais 1 jeune sur 2 s’installe avec un BTS. Pour bénéficier de la Dotation Jeune Agriculteur (8000 à 25000 €), le jeune agriculteur doit respecter un parcours très structuré : formation, stages (6 mois et 40 jours), puis après son installation, il bénéficie de chèques-conseil pendant 5 ans (conseils prodigués par la chambre d’agriculture). Malgré tout, 1 jeune sur 2 s’installe sans les aides publiques. Au-delà, tout agriculteur est suivi et conseillé par les coopératives agricoles, les caves viticoles ou encore les entreprises de produits phytosanitaires.

Un phénomène récent est à noter en ce qui concerne les installations agricoles : les installations des « hors cadres familiaux » (HCF). Il y a encore 10 ans, 95% des installations étaient des reprises de l’exploitation familiale par les fils et filles d’agriculteurs. Aujourd’hui, de moins en moins de reprises ont lieu dans le cadre familial, et en Aquitaine, environ le quart des jeunes qui s’installent sont des HCF (50% en Gironde !). La profession a mis en place des mesures d’accompagnement, dont notamment le parrainage (financé par l’Etat et le Conseil Régional) : pendant un an, jeune HCF et futur retraité travaillent ensemble sur l’exploitation afin de préparer la reprise.

Les créateurs d’entreprises artisanales accompagnés techniquement et juridiquement, mais perdus dans un « mic-mac » d’aides publiques

Dans l’artisanat, le parrainage existe aussi, mais reste très à la marge (2 à 3 parrainages par an en Gironde). Alors qu’en Gironde, chaque année, on dénombre environ 400 transmissions d’entreprises.

Pour la création d’entreprises artisanales, un niveau minimum est requis : le CAP-BEP ou au minimum 3 ans d’expérience.

Plus de 50% des créateurs d’entreprises sont des demandeurs d’emploi. M. Devoisin n’explique pas forcément le phénomène par le fait que les demandeurs d’emploi disposent d’aides publiques et financières particulières. Par ailleurs, la panoplie de toutes les aides octroyées pour la création est très peu lisible et très compliquée, chaque strate publique apportant sa contribution, sans vraiment de logique globale.

La Chambre de Métiers et de l’Artisanat renégocie tous les ans avec la Région les programmes d’aides publiques afin que la CMA assure les diagnostics pour les reprises et l’accompagnement des créateurs.

Débat création reprise2La création d’entreprises est créatrice d’emplois

Dans l’agriculture, 1 chef d’entreprise représente en moyenne 6 emplois permanents. En Gironde, 15 000 salariés permanents dépendent de l’agriculture.

Dans l’artisanat, seulement 30% des entreprises créées emploient dès leur création des salariés. Néanmoins, grosso modo, 1 entreprise crée en 2002, encore active aujourd’hui, emploie 3 personnes (soit 2 salariés) aujourd’hui.

Perspectives

M. Devoisin et M. Pouget insiste sur l’importance de poursuivre le travail engagé de communication sur l’image des métiers de l’artisanat et de l’agriculture, afin de faire venir des jeunes dans ces professions.

D’autre part, M. Pouget nous a donné des pistes de réflexion concernant l’avenir de l’agriculture. On arrive aujourd’hui à la fin d’un modèle agricole né après la guerre dont l’objectif était l’autosuffisance alimentaire. Aujourd’hui, nous devons faire face à de nouveaux enjeux : environnementaux et alimentaires notamment. Par exemple, il s’agit aujourd’hui de réfléchir sur l’agriculture périurbaine : comment l’accompagner, la sauvegarder et faire partager cet enjeu aux collectivités locales. Car il existe un besoin aujourd’hui d’authenticité, une envie de produits sains et de circuits courts (cf. les AMAP).

Magali Fronzes

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